Je suis un grand curieux par nature. Cette curiosité m'amène à voir ce que cette Terre porte en elle-même, et m'aide aussi à ne pas me prendre (trop souvent) en référence.
L'histoire, et plus généralement l'Humain, et toute sa vie, sont pour moi de grandes curiosités.
Dans ma ville, il y a une communauté israëlite. Je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler leur synagogue, à quoi ressemblent leurs offices, comment leur foi se concrétise dans leur vie de chaque jour, etc.
Alors, la semaine dernière, j'ai poussé la porte de la synagogue, lors de la prière de veille de Shabbat.
J'y ai été accueilli chaleureusement, les bras ouverts. D'emblée, on m'installa dans les premiers rangs, on me donna un livre de prière (en français!), et quelqu'un m'expliquait le sens de la prière, au fur et à mesure du déroulement. A vrai dire, je n'ai pas compris grand chose... Les prières sont en hébreux, et une "bonne ambiance" règne durant l'office: les gens se retournent, discutent avec leurs voisins; c'est assez impressionnant!
On m'invita à revenir le lendemain, pour la prière du Shabbat. J'y suis donc retourné!
Et j'ai recommencé hier et aujourd'hui, car ils viennent de fêter Rosh Hashana; cela correspond à leur nouvel an (année 5767). Une nouvelle fois, accueil chaleureux, installé devant, livre de prière en main, explications adéquates.... Une chose est sûre: de temps en temps, je retournerai à cette prière du vendredi soir.
Les récentes incompréhensions entre chrétiens et musulmans sur les propos mal-compris de Benoît XVI m'ont fait poser cette question: sommes-nous ouverts au dialogue avec le tout-autre? Discutons-nous facilement avec des personnes d'autres communautés religieuses?
Par chez moi, les communautés sont nombreuses: Israëlites, chrétiens (catholiques, protestants, évangéliques...), musulmans, shintoïstes...Mais finalement, les rapports entre communautés sont faibles; mis à part quelques cas isolés, rien à signaler.
On me dit souvent que les religions sont toujours aux sources des conflits. Peut-être. J'aurai davantage tendance à dire que c'est l'Homme (et non la religion) qui mène ce monde à la guerre.
Bien plus que cela, c'est l'incompréhension et la méconnaissance de son voisin qui pousse à la haine ou au conflit. Bien se connaître, c'est "s'apprivoiser"...
A notre échelle, nous disposons, chacun, d'un outil formidable: notre foi! Notre foi nous pousse à aller vers les autres, avec un coeur de charité et de compassion. Imaginons que chacun utilise cet outil pour se diriger vers ses voisins, vers ses frères et soeurs en prière... des barrières tomberaient; des liens nouveaux apparaitraient.
Je plane un peu. Mais pourquoi chacun d'entre-nous ne s'y essairait pas au moins une fois,au nom du rapprochement entre les Hommes, tous enfants de Dieu, à dialoguer et partager sur ce qui le fait vivre, non pour convertir, mais pour donner la clé de compréhension de tout un ensemble?
Un seul problème: notre (lourd) coeur de pierre...