A vrai dire, je suis conscient que ce temps particulier est avant tout centré sur, d'une part, la (re)proximité avec le Père, et d'autre part, la réconcilitation avec les autres (il y a bien d'autres aspects, mais je choisis volontairement, pour cet article, de ne prendre que ces deux là).
En lisant Zénit, je suis tombé sur une proposition du cardinal Godfried Danneels, offrant dix conseils pour vivre ce temps de carême. Ce sont des conseils vraiment très simples; et c'est justement parce qu'ils sont simples, que chaque chrétien peut être appelé à vivre les 40 jours de cette période, sincèrement. De plus, comme ces conseils sont au nombre de dix, ceux-ci s'en trouvent être facile à retenir au quotidien.
Je vous propose, ci-dessus, un copié/collé de ces conseils (peut-être remarquerez vous l'utilisation d'un langage 'actuel' dans les propos du cardinal) :
2. Cherche dans l'Evangile du dimanche, une petite phrase que tu pourras méditer toute la semaine. Chaque semaine ce texte est annoncé dans le journal Dimanche.
3. Chaque fois que tu achètes un objet dont tu n'as pas besoin pour vivre - un article de luxe - donne aussi quelque chose aux pauvres ou à une oeuvre. Offre-leur un petit pourcentage. La surabondance demande à être partagée.
4. Fais chaque jour quelque chose de bien pour quelqu'un. Avant qu'il ou elle ne te le demande.
5. Lorsque quelqu'un te tient un propos désagréable, n'imagine pas que tu dois aussitôt lui rendre la pareille. Cela ne rétablit pas l'équilibre. En fait, tu tombes dans l'engrenage. Tais-toi plutôt une minute et la roue s'arrêtera.
6. Si tu zappes depuis un quart d'heure sans succès, coupe la TV et prends un livre. Ou parle avec ceux qui habitent avec toi: il vaut mieux zapper entre humains et cela marche sans télécommande.
7. Durant le Carême quitte toujours la table avec une petite faim. Les diététiciens sont encore plus sévères : fais cela toute l'année. Une personne sur trois souffre d'obésité.
8. 'Par-donner' est le superlatif de donner.
9. Tu as déjà si souvent promis d'appeler quelqu'un par téléphone ou de lui rendre visite. Fais-le finalement.
10. Ne te laisse pas toujours prendre aux publicités qui affichent une réduction. Cela coûte en effet 30% moins cher. Mais ton armoire à vêtements bombe et déborde également de 30 %.
J'en viens désormais à me poser la question suivante : comment ce temps de carême est-il vécu dans notre Eglise? Je me la pose avec un réel intérêt, car j'ai ce sentiment que certains ne comprennent pas le sens de ce temps tout à fait particulier, ou que certains, encore, ont une mauvaise approche du choix personnel à prendre pour vivre un carême sincère et juste avec sa foi.
Je ne m'amuserai pas à témoigner de ce que je peux voir ou entendre à ce sujet, sur certaines personnes (mon effort de carême : arrêter de parler des autres, un grande "spécialité personnelle...").
Toutefois, peut-être pouvons-nous "jouer" un rôle auprès de ces personnes, non pas en leur montrant que nous vivons un carême en nous flagellant tous les matins, en se nourrissant de pain rassi et d'eau croupie, le chapelet à la main, prêts à prier au premier rayon de soleil.... [ en tout cas, ce n'est pas ma vision du carême! ] . Au contraire... Montrer que le carême nous rend heureux, ce peut-être un signe qui pourrait les inviter à prendre un vrai choix personnel.
Plus généralement, témoigner par les choix vécus dans le carême, et montrer à tous que cela rend heureux, n'est-ce pas l'occasion de montrer (dans sa famille, son travail, ses différentes relations) la joie que nous plaçons dans notre espérance?
Ce serait, selon moi, le mot d'ordre pour ce temps de l'Avent.
Le Saint Père a , dans un récent discours de septembre 2006, expliqué tous les dangers que représente l'activisme, que l'on peut appeler aussi la sur-activité. Une sur-activité présente chez certains prêtres, et qui, d'une certaine manière, les détourne de leur vie de Foi, ciment de leur ministère.
J'oserai y faire une extension, en ajoutant que cet activisme peut aussi être vécu par des laïcs.
Un emploi fatiguant, auquel s'ajoutent des engagements tellement nombreux et prenants, qu'au final c'est l'Esprit tout entier qui est en activité, et qui éloigne chacun, chacune, des buts réels de sa vie, ou des points les plus importants.
En quelque sorte, l'activisme, c'est s'engager pour des causes ou des besoins honorables et utiles, le tout en cherchant à faire de son mieux. C'est un geste tout à fait louable!
Se rendre disponible pour les autres, pour sa paroisse, son association, un collectif, une mission particulière... Mais arrive-ton encore à trouver le temps pour se rendre disponible à soi-même? Et surtout, arrive-ton encore à trouver le temps de se rendre disponible à Dieu? Cherchons-nous encore à trouver du temps pour Dieu?
Voici là le danger de l'activisme.
Cela tombe bien... Nous sommes, à cette date, dans le temps de l'Avent, temps privilégié de coeur à coeur avec le Seigneur, dans l'attente de la nuit de la Naissance. Période de réflexion, de repos, de prières. Période idéale... Pour baisser, même de peu, ses activités.
L'idée va bien au delà d'un simple recul d'activité, d'une distance, ou d'un désengagement, même partiel.
Il s'agit bien en vérité, de prendre du recul, dans le but de recentrer son Esprit vers celui qui représente toute notre espérance: le Christ.
"Un chrétien qui ne prie pas est un chrétien en danger"; je me plaîs à partager avec d'autres, cette petite maxime, bien étrange, et pourtant si importante. L'activisme ne détourne-t-il pas notre Esprit et notre vie de ce à quoi nous ne pouvons passer outre?
De plus, cet activisme peut se révéler néfaste pour des laïcs bien engagés... Peut-être un peu trop. Surtout pour ceux qui se trouvent être en recherche. Se retrouver engager à toutes les strates de sa paroisse, rend la réflexion, pour celui/celle qui est dans une démarche de discernement, très difficile.
3 semaines: c'est la durée de l'Avent 2006. Trois semaines pour agir... dans le coeur de Dieu, pour recentrer notre prière vers Celui qui vient.
Expression bien étrange; et pourtant...
Persévérer... dans quoi? Pour susciter... un débat; oui mais lequel?
Bien évidemment, vous l'aurez sans doute compris, c'est de Foi dont il s'agit.
Le Christ nous invite à persévérer dans notre Foi, et ce dans un but bien précis: la Vie éternelle. Persévérer, vivre sa Foi au quotidien, malgré les blessures et les obstacles, malgré les rencontres humaines difficiles (et parfois blessantes)...: voici l'une des clés que Jésus nous livre.
Persévérer dans notre Foi, voici donc un état de vie bien difficile, car O combien nombreuses sont les doutes et les tentations en ce bas monde. Combien de fois pouvons-nous être ammenés à vaciller, à tomber, à douter!
Mais ce sont justement ces difficultés qui rendent la persévérance synonyme de richesses!
Notre persévérance peut être utile à ce monde, et même bien plus qu'on ne peut y penser.
Je donne une grande place au témoignage. Notre Foi nous confère une grande joie et une grande espérance. De cette joie et de cette espérance, ne pouvons-nous pas qu'en témoigner?
Il existe un grand nombre de manières par lesquelles le témoignage peut être rendu vivant et parlant.
La persévérance en est une, peut être celle qui fait poser le plus de questions aux incrédules, bien qu'étant celle qui puisse paraître la plus silencieuse.
Malgré nos doutes et nos faiblesses, nous devons persévérer dans notre Foi. Cette persévérance nous unifie au plus profond de nous même, et inscrit, dans notre coeur, notre espérance, tant et si bien que notre vie toute entière s'unifie autour de cette espérance.
De personne unifiée, nous en devenons unifiant. Unifiant pour les autres, et aux yeux des autres.
De la sorte, vivre simplement notre Foi d'une manière persévérante finit par nous en faire rayonner, ou tout du moins notre Foi devient visible. Ne pouvons-nous pas susciter l'interrogation et le débat de cette manière?
Notre vie toute entière, comme chrétiens, doit susciter le débat, l'interrogation, le questionnement, le désir d'en savoir plus. Il semblerait que cela ne soit pas "à la mode " d'être chrétien. Même si cela était vrai (!), montrons-leur que les chrétiens sont là, au coeur de ce monde; qu'ils vivent silencieusement, au milieu de tous, et que la joie du Christ ressuscité apparait sur leur visage, tel un sourire.
Je dis cela, non en jugeant (quoique... moi-même, mes occupations journalières me vident tellement l'esprit que j'en oublie parfois de me donner le temps de prier).
Je dis cela, car il semblerait que nous soyons dans un monde sans espérance, sans goût, sans volonté. A croiser les gens dans la rue, il paraît difficile "d'arracher", ne serait-ce qu'un petit sourire, ou même un petit bonjour. Combien de personnes vivent des situations difficiles, bien souvent dans le silence?
Nos médias nous fabriquent, rien que pour nous, une vie sur mesure, emprunte de joie, de douceur, de plaisir, de volupté, dans notre sacro-sainte société de consommation.
Notre société est malheureuse.
Et nous, Chrétiens, où sommes-nous dans tout cela? Ne sommes-nous pas un peu à contre courant?
Si, j'en suis même sûr! Jésus était à contre-courant; il serait anormal que nous ne le soyons pas!
A cette société qui promet le plaisir immédiat, nous lui annonçons l'espoir de trouver la joie ultime, dans la résurrection de Jésus, aujourd'hui, et pour demain!
Plus facile à dire qu'à vivre, me direz-vous, et je suis d'accord; mais je crois qu'en vivant pleinement notre foi, nous ne pourrons que mener les gens à s'interroger; s'interroger sur nous; s'interroger sur eux.
Tous les abonnés à Zénit.org aurons remarqué que notre pape s'est récemment prononcé sur la prière, notemment chez nous, chrétiens.
Il disait que la "prière authentique abat les murs de la haine". Prier nous fait plonger dans notre humanité la plus profonde; non pas celle qui nous pousse à ignorer l'Autre, ou pire, à vouloir le détruire; non, bien au contraire; il s'agit de cette humanité qui nous pousse et nous emmène vers les Autres que nous reconnaissons comme "frères" et "soeurs", car nous avons tous le même père. Être proche du divin, c'est aussi se rapprocher de l'humain!
Benoît XVI nous invite également à redécouvrir les joies de la prière d'adoration Eucharistique.
Voici là un sacrement "qu'il est pas souvent utilisé dans nos paroisses"... En fait, le mot "utilisé" n'est pas juste; prier ou même pratiquer, seraient plus judicieux. Prier Jésus, devant Jésus, avec Jésus...
En réponse (ou en aide?!) à ce monde qui se cache derrière sa tristesse, nous autres chrétiens, avons le rôle et le devoir de rester "joyeux", en vivant pleinement notre foi, en priant chaque jour, à la mesure de nos possibilités, et en plaçant notre espérance comme Leitmotiv de notre vie toute entière.
Notre vie de chrétien est comparable aux chemins de fers...:
Notre foi est comparable à des rails; elle nous donne une direction, un sens.
La locomotive, c'est la prière; elle nous aide à vivre notre foi, à aller dans la direction, dans le sens, que notre foi nous confère.
Le charbon, qui alimente fréquemment notre prière, ne serais-ce pas Jésus dans le Pain de Vie?
Les wagons, c'est tout ce que nous transportons, par notre foi et notre prière: nos rencontres, nos instants de vie, notre travail, nos amis, notre famille... toute notre vie.
Et ceux qui "entretiennent" les voies, qui s'occupent de l'aiguillage, des gares... Ce sont les prêtres, les religieux/religieuses... Sans eux, notre locomotive ne trouverait pas de combustible, ni de voies pour circuler.
Elles nous incitent réellement à Vivre en Chrétien, afin de suivre le Christ, dans toute notre humanité.
"Elle est vivante, la parole de Dieu", nous dit Saint Paul dans cette Lettre aux Hébreux (4, 12-13). Que dire de plus... La Parole de Dieu, nous la retrouvons dans les Ecritures de l'Ancien Testament, et du Nouveau Testament. De ces écritures, je crois qu'il nous faut nous en empreigner quotidiennement, chaque jour un petit peu; lire chaque jour un court passage de la Bible, c'est se laisser pénétrer jusqu'au plus profond de nous même par cette parole vivante.
Je discutais récemment de la chose suivante: nous, chrétiens, vivons de plus en plus en opposition avec le rythme et les modes de vie de ce monde. Afin de rester pleinement ce que nous sommes, et de vivre également pleinement notre Foi, nous avons besoin de nourriture. La messe, et Jésus dans le Pain de Vie, en sont une (et pas des moindres!); la prière en est une; la rencontre avec d'autres personnes, de nos communautés ou non, en sont une; les Saintes Ecritures en sont une aussi. (la liste n'est pas exhaustive).
"Nous aurons à lui rendre des comptes". Les Ecritures nous transmettent le message du Christ, la Bonne Nouvelle. Tout est marqué! Pourrons-nous nous prévaloir de ne pas avoir su?
Les lectures de ce dimanche sont une réelle invitation à nous mettre en route à la suite du Christ.
D'une part, nous sommes invités à llire et relire la Parole de Dieu dans les Ecritures elles-mêmes.
Enfin, Jésus nous veut audacieux...! Pour le suivre, il ne faut pas hésiter à être plein d'audace! Plein d'audace, et de confiance; confiance en Jésus, qui sait rester à nos côtés dans nos moments de joie, mais aussi dans nos moments de peine. " Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel; puis viens et suis-moi". N'est-ce pas nous inciter à l'audace et à la confiance?
En étant audacieux et confiant, notre Foi nous transportera partout où il le faudra. En étant audacieux et confiant, peut-être saurons-nous nous mettre en marche vers le Christ.
"Jésus, j'ai confiance en Toi"
Le labeur dune journée, la quantité de travail, ou encore la fatigue (et parfois même, sans raison aucune) ne nous entraînent guère vers la prière. Il peut arriver de devenir purement un spectateur face à la scène qui se déroule devant nous.
Ces derniers temps, j'ai pour habitude d'aller à la messe aussi souvent que je le peux, à savoir 3 fois par semaine, en plus de la messe dominicale.
Il y a peu, lorsque le prêtre faisait offrande du pain et du vin sur l'autel du sacrifice, j'y ai déposé, par la prière, mes interrogations: comment prier malgré la fatigue du corps? Comment accueillir Jésus avec la même fougue, chaque jour?
La réponse ne s'est pas faite attendre.
Tout simplement, vivre l'Eucharistie comme s'il s'agissait de la première à laquelle nous sommes conviés à participer; la première, mais aussi la dernière.
Accueillir Jésus, comme si nous le faisions pour la première fois... Cela me donne l'impression de me rendre disponible à Lui, Lui qui se prend aussi le temps d'agir en moi, en nous tous.
L'histoire, et plus généralement l'Humain, et toute sa vie, sont pour moi de grandes curiosités.
Dans ma ville, il y a une communauté israëlite. Je me suis toujours demandé à quoi pouvait ressembler leur synagogue, à quoi ressemblent leurs offices, comment leur foi se concrétise dans leur vie de chaque jour, etc.
Alors, la semaine dernière, j'ai poussé la porte de la synagogue, lors de la prière de veille de Shabbat.
J'y ai été accueilli chaleureusement, les bras ouverts. D'emblée, on m'installa dans les premiers rangs, on me donna un livre de prière (en français!), et quelqu'un m'expliquait le sens de la prière, au fur et à mesure du déroulement. A vrai dire, je n'ai pas compris grand chose... Les prières sont en hébreux, et une "bonne ambiance" règne durant l'office: les gens se retournent, discutent avec leurs voisins; c'est assez impressionnant!
On m'invita à revenir le lendemain, pour la prière du Shabbat. J'y suis donc retourné!
Et j'ai recommencé hier et aujourd'hui, car ils viennent de fêter Rosh Hashana; cela correspond à leur nouvel an (année 5767). Une nouvelle fois, accueil chaleureux, installé devant, livre de prière en main, explications adéquates.... Une chose est sûre: de temps en temps, je retournerai à cette prière du vendredi soir.
Les récentes incompréhensions entre chrétiens et musulmans sur les propos mal-compris de Benoît XVI m'ont fait poser cette question: sommes-nous ouverts au dialogue avec le tout-autre? Discutons-nous facilement avec des personnes d'autres communautés religieuses?
Par chez moi, les communautés sont nombreuses: Israëlites, chrétiens (catholiques, protestants, évangéliques...), musulmans, shintoïstes...Mais finalement, les rapports entre communautés sont faibles; mis à part quelques cas isolés, rien à signaler.
On me dit souvent que les religions sont toujours aux sources des conflits. Peut-être. J'aurai davantage tendance à dire que c'est l'Homme (et non la religion) qui mène ce monde à la guerre.
Bien plus que cela, c'est l'incompréhension et la méconnaissance de son voisin qui pousse à la haine ou au conflit. Bien se connaître, c'est "s'apprivoiser"...
A notre échelle, nous disposons, chacun, d'un outil formidable: notre foi! Notre foi nous pousse à aller vers les autres, avec un coeur de charité et de compassion. Imaginons que chacun utilise cet outil pour se diriger vers ses voisins, vers ses frères et soeurs en prière... des barrières tomberaient; des liens nouveaux apparaitraient.
Je plane un peu. Mais pourquoi chacun d'entre-nous ne s'y essairait pas au moins une fois,au nom du rapprochement entre les Hommes, tous enfants de Dieu, à dialoguer et partager sur ce qui le fait vivre, non pour convertir, mais pour donner la clé de compréhension de tout un ensemble?
Un seul problème: notre (lourd) coeur de pierre...
Nos médias, populaires, protégés par la population, nous matraquent de toutes parts, nous catholiques. Journal télévisé, reportages, "enquêtes", ... L'acharnement bat son plein.
Au sujet des médias, je vous invite à lire l'excellent article paru sur le blog Dieu seul.
Je suis offusqué par l'acharnement médiatique contre les chrétiens catholiques.
Le dernier exemple en date, bien sûr, la [fausse] controverse des propos du papes lors d'une conférence donnée à Ratisbonne, donnée dans le cadre universitaire, devant un public d'universitaires... Les médias sont, comme leur nom l'indique, les médiateurs d'une pensée unique, pensée qu'ils n'ont aucun mal à transmettre à leur public, pas toujours armé pour pouvoir se défendre et remettre en doute, ou en cause, une information donnée par ces mêmes médias.
La première page de certains journaux écrits, le titre de certaines émissions télévisées, pourraient s'intituler: "Voici comment il nous faut voir ce monde"...
Hier, mardi soir, je jetais un oeil sur une chaîne franco-allemande; le reportage s'intéressait aux cas d'exorcismes en Afrique, exorcismes pratiqués par une église évangéliste, avec des méthodes, il faut le dire, violentes et inhumaines.
Les reporters dénoncent donc l'inhumanité des rituels (jeûne forcé, opération à vif sans anesthésie sur des enfants...). Le reportage se termine, et s'en suit un débat de 5 min avec un chrétien (non catholique) "expert" sur les relations entre science et foi.
A ma plus grande stupeur, ce ne fut pas cette église évangéliste qui fut critiqué, mais... l'Eglise catholique.
Rapport? Auncun!
L' "expert chétien" se disait même choqué de voir que les catholiques croyaient encore aux miracles: "il est incroyable de voir qu'au XXIe siècle, il y a encore une commission [dans l'Eglise catholique] chargée des Miracles. A notre époque, c'est à peine pensable!"
Le mini-débat s'est terminé sur une sorte de commun accord: seule la science apporte des réponses; la foi n'est rien.
Ce genre de reportage, certains de nos médias en raffolent.
Peut-être verrons-nous un jour à la télévision: " Les catholiques, ces mangeurs d'enfants" ...
Pour ma part, cet "effet de mode" me pousse toujours davantage à me montrer tel que je suis, c'est à dire en chrétien. Je ne me cache pas (ou plus).
Peut-être sommes-nous dans la meilleure période pour montrer à tous le vrai visage de l'Eglise; notre foi nous fait vivre et nous rend heureux: montrons-le !
" C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien "
Notre humanité nous fait venir, en premier lieu, à ce que nous sommes dés notre naissance, ou du moins, à ce qui est le plus facile de constater: notre corps. Notre corps est visible: nous pouvons le toucher, le sentir, le voir. Nous sommes sensibles aux douleurs, aux plaisirs, au chaud, au froid... Notre humanité corporelle est la première chose dont nous vivons.
Notre vie terrestre semble matérielle: visible, palpable. A vrai dire, j'ai cette impression étrange, que notre société tourne tout autour de ce côté charnel, de ce côté matériel.
Consommation, paraître, sacralisation du plaisir... Comment est-il possible de placer sa vie dans quelque chose qui ne peut durer, et qui trouble toute notre âme?
Cela me rappelle un passage de " L'Imitation de Jésus-Christ ", qui traîte justement de cette question:
- Dès que l'homme commence à désirer quelque chose désordonnément, aussitôt il devient inquiet en lui-même.
Le superbe et l'avare n'ont jamais de repos, mais le pauvre et l'humble d'esprit vivent dans l'abondance de la paix.
L'homme qui n'est pas encore parfaitement mort à lui-même est bien vite tenté, et il succombe dans les plus petites choses.
Celui dont l'esprit est encore infirme, appesanti par la chair et incliné vers les choses sensibles, a grand-peine à se détacher entièrement des désirs terrestres.
C'est pourquoi, lorsqu'il se refuse à les satisfaire, souvent il éprouve de la tristesse, et il est disposé à l'impatience quand on lui résiste. - Que, s'il a obtenu ce qu'il convoitait, aussitôt le remords de la conscience pèse sur lui, parce qu'il a suivi sa passion, qui ne sert de rien pour la paix qu'il cherchait.
C'est en résistant aux passions, et non en leur cédant, qu'on trouve la véritable paix du coeur.
Point de paix donc dans le coeur de l'homme charnel, de l'homme livré aux choses extérieures: la paix est le partage de l'homme fervent et spirituel.
Est-il seulement possible de vivre pleinement sa vie, en omettant de vivre en union de coeur avec le Seigneur? A nourrir notre corps et pas notre âme, comment vivre davantage? Difficile, en mon sens...
Nous, chrétiens, essayons de placer le Christ au centre de notre vie. Cela ne nous est pas toujours facile, mais notre espérance réside dans le Christ. Chaque dimanche, nous nous nourrissons du Pain de Vie éternelle, qui nous aide continuellement à avancer.
A tous ceux qui éprouvent des difficlutés de vie, à tous ceux qui ne se nourrissent que de choses périssables, à tous ceux qui doutes, sachons une nouvelle fois montrer à tous notre profonde joie intérieure.
"La chair n'est capable de rien"... Suppose que l'esprit peut toute chose!
"Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie." Les Paroles de Jésus sont vie... Vivons-en et partageons-le à tous!
Il s'agit là d'un thème qui m'est très cher : l'Eglise, comme Corps du Christ.
Dans la réalité paroissiale que je vis, ceci n'est que très peu évoqué. Je sais que certaines paroisses en France éprouvent quelques difficultés en ce sens, mais je me réjouis de voir que bon nombre de nos paroisses vivent cette réalité: nous sommes toutes et tous unis par notre foi, et le Christ se donnant en nourriture nous fait devenir pleinement ce Corps.
Nous, communautés chrétiennes catholiques, à quoi sommes nous appelés (entre autre)?
Le Christ, au moment de sa Pâque, nous dit ceci: "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. " (Jean 6). Indéniablemeent, j'y vois deux choses se dégager de cette petite phrase (mais grande par son sens) prononcée par Jésus.
D'une part, recevoir dans nos mains d'hommes et de femmes le Corps du Christ, communier en son Corps, nous donne la chance et la grâce de devenir pleinement le Corps du Christ. Le Seigneur s'offre à nous; il nous convie à sa table et sait ce qui est bon pour nous, pour notre foi. Communier en lui, c'est marcher à sa suite, vouloir le suivre; c'est nous inciter à lui ressembler, à l'Imiter même, dans notre vie quotidienne, à la maison, en famille, au travail, à l'école, et même dans nos moments de sollitudes et de prières...
Recevoir et communier au Corps du Christ, c'est placer toute nostre espérance en lui, toute notre vie, nos faiblesses, notre cheminement. Placer en lui tout notre espoir, notre espoir de résurrection.
Communier au Corps du Christ, c'est recevoir une lumière intérieure, forte, enivrante, rayonnante. Cette lumière, il nous est impossible de ne la garder que pour nous! Le Christ se donne à nous, pour qu'à notre tour nous nous donnions aux autres, par nos engagements, notre service, notre disponibilité, et d'offrir à tous, tel un cadeau, notre témoignage de foi, notre espérance qui nous fait vivre.
" Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en
lui. Et comme le Père qui est vivant m’a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi. " J'y vois une deuxième chose, que l'on ne peut délaisser, sans quoi nous ne pourrions continuer bien longtemps...Nous recevons Jésus. Chacun, à la messe, est appelé à le recevoir. Ainsi, si chacun l'accueil, ne formons-nous pas, tous ensemble, le Corps du Christ? Ne formons-nous pas l'Eglise, Une, dans le Christ? Par cette union tout à fait formelle, un commandement, donné par Jésus lui-même, prend alors davantage de sens: " Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés " (Jean 13, 34-35). Tous unis par le Corps du Christ, ne sommes-nous pas appelés à entrer dans l'amour fraternel? Ne sommes-nous pas appelés à nous rassembler davantage, à nous soutenir, à former une communauté, à discuter entre-nous, à communiquer et partager, à nous porter les uns les autres par nos prières.... " à faire Eglise"?
Souvent, je porte dans ma prière nos paroisses, et notemment celles où l'on voit ses membres se déchirer, se séparer des autres.. où l'on voit un manque de foi, des volontés de prendre l'Eglise pour une "belle association" en oubliant Jésus... où l'on voit certaines personnes (laïcs, mais aussi prêtres) user de leur autorité (pour ne pas dire pouvoir) à des fins tout à fait différentes que celle de l'annonce de l'Evangile.... Tant de gestes, parfois peux charitables, qui enfonce chaque jour une épine de plus dans la tête du Christ....
Chers amis lecteurs, Devenons ce que nous Recevons.
image: http://www.spiritualart.com













