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Repères

Mercredi 18 janvier 2006
Je vous propose, durant les semaines à venir, de retrouver quelques uns des passages des "Confessions" et de la "Cité de Dieu", rédigés par Saint Augustin.
A venir également, une biographie de Saint Augustin.

"
Et moi-même je m’écrie souvent: Où êtes-vous, mon Dieu, où êtes-vous? Et je respire quelques instants en vous, quand mon âme répand hors d’elle-même l’effusion de son allégresse et de vos louanges (Ps. XLI, 5). Mais elle demeure triste, parce qu’elle retombe et devient abîme, ou plutôt elle sent qu’elle est abîme encore. Et, ce flambeau dont vous éclairez mes pas dans la nuit, la foi me dit: « Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi me (505)  troubles-tu? Espère dans le Seigneur (Ps. XLII, 5, 6).» Son Verbe est la lampe qui luit sur ton chemin (Ps. CXVIII, 105). Espère et persévère, jusqu’à ce que la nuit, mère des impies, soit passée, et avec elle la colère du Seigneur; colère dont nous fûmes enfants nous-mêmes, alors que nous étions ténèbres. Et nous traînons la fin de notre nuit en ce corps que le péché a fait mourir ( Rom. VIII, 10), dans l’attente de l’aube qui dissipera toutes les ombres (Cant. II, 17).

Espère dans le Seigneur. Au lever de ce jour, je serai debout pour le contempler, et j’en publierai à jamais la splendeur. Au matin de l’éternité je serai debout, et je verrai le Dieu de mon salut ( Ps. V, 5 ; XLII, 5); celui qui vivifiera nos corps mortels par l’Esprit, cet hôte intérieur ( Rom. VIII, 11), porté dans sa miséricorde sur le flot de nos ténèbres; celui de qui nous avons reçu dans l’exil de cette vie le gage d’être à l’avenir lumière; qui nous sauve dès ici-bas par l’espérance, et de ténèbres que nous étions, nous transforme en fils de jour et de lumière ( II Cor. I, 22 ; Ephés. V, 8 ; Rom. VIII, 24 ; I Thess. V, 5). Seul en ce sombre crépuscule de la connaissance humaine, vous pouvez distinguer les coeurs et les éprouver, pour appeler la lumière jour, et les ténèbres nuit ( Gen. I, 5). Eh! quel autre que vous peut faire ce discernement des âmes? Qu’avons-nous, que nous n’ayons reçu de vous ( I. Cor. IV, 7)? Ne sommes-nous pas une même argile dont vous formez ici des vases d’honneur, là des vases d’ignominie ( Rom. IX, 21)?"

Confessions, livre XIII, chapitre XIV

 
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Par Olivier
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Dimanche 22 janvier 2006

Que ton oui soit oui, que ton non soit non. Promets ce que tu peux faire. Ne promets pas ce que tu ne peux pas faire. Et qu'on puisse toujours compter sur toi. Que ta parole soit le reflet de ta pensée. Pourquoi dire quelque chose que tu ne penses pas? Sois simple. Comme tu es. Ce que tu es. On ne peut pas plaire à tout le monde. Il ne faut pas non plus le vouloir. Si tu es grave et silencieux, ne fais pas emblant d'être turbulent et plein de sottises. Et si tu es heureux et léger, ne fais pas semblant d'être soucieux et triste. Tout cela n'est que mensonge et fausseté et tu dois être vrai jusqu'au fond de toi même; non  seulement dans ta parole, mais aussi dans ton regard, dans ton geste, dans ton action: Vrai jusque tout au fond.


 Méditations inspirées du Second Livre de Lézard - Retour Sommaire
Par Olivier
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Mardi 24 janvier 2006
"Qu’êtes-vous donc, mon Dieu? qu’êtes-vous, sinon le Seigneur Dieu? « Car quel autre  Seigneur que le Seigneur, quel autre Dieu que notre Dieu (Ps XVII, 32)? » O très-haut, très-bon, très-puissant, tout-puissant, très-miséricordieux et très-juste, très-caché et très-présent, très-beau et très-fort, stable et incompréhensible, immuable et remuant tout, jamais nouveau, jamais ancien, renouvelant tout et conduisant à leur insu les superbes au dépérissement, toujours en action, toujours en repos, amassant sans besoin, vous portez, remplissez et protégez ; vous créez, nourrissez et perfectionnez, cherchant lorsque rien ne vous manque!

Votre amour est sans passion; votre jalousie sans inquiétude; votre repentance, sans douleur; votre colère, sans trouble; vos oeuvre changent, vos conseils ne changent pas. Vous recouvrez ce que vous trouvez et n’avez jamais perdu. Jamais pauvre, vous aimez le gain; jamais avare, et vous exigez des usures. On vous donne de surérogation pour vous rendre débiteur; et qu’avons-nous qui ne soit vôtre? Vous rendez sans devoir; en payant, vous donnez et ne perdez rien. Et qu’ai-je dit, mon Dieu, ma vie, mes délices saintes? Et que dit-on de vous en parlant de vous? Mais malheur à qui se tait de vous! car sa parole est muette."


Confessions
, livre I, chapitre IV

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Par Olivier
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Mercredi 25 janvier 2006
Méditation inspirée du Second Livre de Lézard - Retour sommaire

Tenir bon. Ne pas céder. Aller jusqu'au bout. Il y a de petits devoirs; il y en a de grands. Accomplir son petit devoir ou son grand devoir, jour après jour, sans rien dire, simplement parce qu'il le faut et parce qu'on le veut ainsi. C'est dur parfois. Mais la dureté est bonne. Et l'on devient fort en luttant pour ce qui est dur et difficile.
Par Olivier
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Dimanche 29 janvier 2006
Méditation inspirée du Sevond Livre de Lézard - Retour sommaire

Ne pas penser à soi. Se détourner de soi et regarder vers les autres. Ils n'ont peut être pas besoin de toi. Mais peut être qu'ils ont besoin de toi. Cela n'est pas impossible. Il y a tant de choses à faire. Les hommes ont si bien su compliquer la vie et la rendre difficile. Alors, on peut aider. Rendre service; un tout petit service; et mettre de la beauté dans la vie de ceux qui ne trouvent pas le temps de songer à la beauté; qui ne savent pas où la trouver et qui ne croient pas qu'elle puisse transformer le simple jour de travail en un perpétuel jour de fête. La beauté, c'est la joie. et la joie, c'est à nous de la répandre.
Par Olivier
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Mercredi 1 février 2006
Méditation inspirée du Segond Livre de Lézard - Retour sommaire


Etre un frère, être un ami, c'est aimer. Si je suis ton frère, c'est parce que je t'aime. Si je suis ton ami, c'est parce que je t'aime. Si je suis ton ami et ton frère, c'est encore parce que je t'aime. L'affection, l'amitié, l'amour, c'est la même chose: une grande force en moi et qui s'en va vers toi. Un fleuve qui jaillit du fond de moi-même et qui s'écoule vers toi. Un torrent qui jaillit du fond de moi-même et qui bondit vers toi. Une source qui jaillit du fond de moi-même et qui ruisselle vers toi. Je ne peux pas aimer tout le monde ainsi. Je ne peux pas être le frère de chacun, ni l'ami de tous. La volonté ne peut rien sur l'affection, l'amitié ou l'amour. Mais je peux être un camarade pour tous, loyal et fidèle. Je peux être compréhensif et doux. Je peux travailler pour tous. Je peux aider tous. Et c'est ce que je veux faire.
Par Olivier
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Dimanche 5 février 2006
Méditation inspirée du Second Livre de Lézard - Retour sommaire

S'adressant à des éclaireuses

La courtoisie est une vertu virile. Elle appartient aux hommes. Mais elle est née de la femme. Car naturellement, sans qu'il y ait de leur faute, les hommes ne sont pas très coutois; ils manquent de douceur, d'égards, de grâce et d'élégance. Ils sont trop forts; ils ont trop de force en eux; trop de vie.
De tous temps, à travers toutes les époques, la femme a exercé une influence adoucissante sur les rudes moeurs des hommes: l'homme, pour garder la femme, plus faible que lui, a du la défendre et la protéger; il lui a épargné très vite la trop grossière besogne de la guerre et de la chasse. Il l'a installée à son foyer, que cela fût une grotte, une caverne, une maisonnette, ou un château, il lui a dit: ici règne, et de mes enfants, fais des hommes.
Et la femme, penchée sur le berceau de son petit, entourait d'amour et de grâce cet être inconscient; d'amour et de grâce seulement.
Et l'enfant, devenu homme, se souvenait du geste gracieux de sa mère; et, dans son geste mâle, à lui, reparaissait quelque chose de cette grâce féminine: la courtoisie était née.
L'homme, devant la femme, se faisait respectueux et doux, afin de ne pas blaisser par sa trop grande force, par sa violence, par ses éclats de voix et ses allures de guerrier et de chasseur, cette femme tranquile qui, pour lui, restait seule au foyer.
Le rôle de la femme n'a pas changé.
Aujourd'hui encore, c'est à elle d'apporter la douceur et la grâce dans la demeure qu'elle habite et dans le lieu où elle passe.
Par Olivier
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Mercredi 8 février 2006
Méditation inspirée du Second Livre de Lézard - Retour sommaire

Non seulement (..) les animaux, mais pour tout ce qui vit, pour tout ce qui peut souffrir et jouir, être heureux ou misérable.
Être bon pour le chien aux pattes sales qui bondit sur toi et te lèche les mains et la figure de sa langue chaude et mouillée. Il ne sait pas dire autrement qu'il t'aime; c'est sa manière d'être gracieux et tendre.
Être bon pour les moineaux qui se baignent dans la poussière et pour le chat maigre, chassé par tous parce qu'il n'appartient à personne; et pour l'escargot, et pour la taupe, et pour le hanneton, tous ceux qui se cachent et qui se font tout petits de peur qu'on ne les découvre et qu'on ne les fasse souffrir.
Bon pour les plantes aussi, et pour les hommes.
Pour le petit enfant qui pleure souvent et qui s'ennuie et qu'il faut surveiller tout le temps parce qu'il ne sait rien encore et parce qu'il fait beaucoup de sottises.
Pour les vieux aussi qui se sentent seuls, en dehors de la vie, mis de côté, inutiles.
Être bon...
On ne l'est jamais trop; toujours trop peu.
Par Olivier
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Dimanche 12 février 2006
Méditation inspirée du Second Livre de Lézard - Retour sommaire

S'adressant à des éclaireuses

Ce n'est pas aux hommes qu'il faut obéir; c'est à ta conscience.
Obéir à sa conscience et faire son devoir quelquefois, de temps en temps, cela est bien facile et tout le monde le fait.
Mais obéir toujours...
Le matin et le soir et tout le long du jour...
Et de jour en jour, à travers la petite enface, la jeunesse, l'âge viril et puis, dans la vieillesse encore: obéir.
Cette longue obéissance t'es demandée.
Veux-tu obéir ainsi à travers toute la vie?
Je n'ai pas toujours obéi; mais j'ai regretté chacune de mes désobéissances.
Non pas tout de suite. Quelques fois, longtemps après.
Je te le dis, parce que je suis ton chef et parce que j'ai confiance en toi; et parce que j'ai été pettie, comme toi, et jeune.
Je sais ce qu'il y a parfois de révolte et d'insoumission devant un ordre donné, devant une défense ou devant un refus.
La vie n'accorde pas du tout.
elle refuse beaucoup.
elle interdit souvent.
Mais elle sait pourquoi.
Elle sait où elle nous mène et ce qui nous convient.
Accepte donc et obéis.
De ce grand effort sur toi-même, tu sortiras plus forte; de ce renoncement, de ce consentement tacite, de cette acceptation, tu sortiras meilleure.
Et n'est-ce pas pour cela que nous vivons?
Pour devenir meilleures?
Par Olivier
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Dimanche 19 février 2006
Méditation inspirée du Second Livre de Lézard - Retour sommaire

La vie ne peut pas être faite seulement de joie et d'agréments.
Il y aura des souffrances pour toi, des ennuis, comme il y en a eu pour tout le monde.
Il y aura des chagrins. Il faut les surmonter. Les vaincre. Et sourire encore aux gens parce qu'ils n'en peuvent rien. On peut garder son soucis.
Et les larmes peuvent encore couler en dedans de soi.
Ce n'est pas une honte de pleurer.
tous les hommes ont pleuré.
C'est si naturel d'être triste.
Mais il ne faut pas ajouter sa souffrance à celle des autres. Chacun a bien assez de la sienne; et ce n'est pas la tristesse qui manque dans le monde; c'est la joie.
La mauvaise humeur du reste ne sert  à rien.
Elle est pire que la mauvaise herbe.
Car il y a de la grâce dans l'ivraie, mais il n'y a pas de grâce dans la mauvaise humeur: rien qu'une figure fermée, un regard oblique...
Surmonter...
D'un coup se libérer de cette lourdeur et de cette disgrâce. Sourire à la pluie qui nous empêche de sortir parce que la pluie est bonne et parce qu'il est doux de l'entendre tomber sur la terre et sur les feuilles.
Sourire au travail inattendu qui vient remplir notre jour de fatigue et de hâte.
Sourire à cette camarade qui nous a tourmentées.
Sourire aux hommes et aux choses non pas de la bouche seulement et des yeux, mais du dedans de nous-mêmes, avec notre coeur et notre compréhension.
Avec notre bonté aussi.
Par Olivier
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